Agriculture
Interventions en séance à l'Assemblée nationale
Projet de loi de finances pour 2008 (seconde partie)
Agriculture, pêche, forêt et affaires rurales
(1ère séance du mardi 13 novembre 2007)
> Filière bois : Avenir de la formation & Biocarburants de 2ème génération
M. le président. Nous en venons aux questions du groupe du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche. La parole est à M. François Brottes, qui veillera à ne poser qu'une seule question.
M. François Brottes . Sans dépasser deux minutes, n'est-ce pas ?
M. le président. En effet !
M. François Brottes . Vous êtes trop aimable, monsieur le président. (Sourires.)
Monsieur le ministre, je crois avoir quelque droit de me réjouir, en toute modestie, des propos que vous avez tenus sur la forêt et la filière bois. Pour avoir été le rapporteur de la loi d'orientation forestière, adoptée en 2001 à l'unanimité des assemblées, je me réjouis que le Gouvernement affirme haut et fort que, dans ce domaine, il est indispensable de mieux mobiliser la ressource et de mieux valoriser la récolte. Je vous signale d'ailleurs que le dispositif « Compétitivité plus », que vous avez bien connu en Savoie, avait permis aux sylviculteurs de montagne de récolter beaucoup plus qu'aujourd'hui. Peut-être – ce n'est pas une question, monsieur le président, mais une suggestion – le Gouvernement pourrait-il remettre cette disposition au goût du jour.
On le sait : la forêt, c'est la production de papier, la tonnellerie – pour saluer nos collègues qui défendent la viticulture – et l'exploitation du bois énergie ou du bois de construction. Mais j'ai déjà fait part d'une inquiétude à M. Darcos, qui ne m'a pas rassuré : des baccalauréats scientifiques et techniques liés à la filière bois sont actuellement supprimés, au prétexte que le ministère de l'éducation nationale a engagé une réflexion dans ce domaine. Je souhaite que vous accompagniez cette réflexion, afin de rappeler à votre collègue que la filière bois a de l'avenir. Il est important de continuer à former des femmes et des hommes qui s'impliqueront dans son développement.
J'en viens à ma question, qui concerne cette nouvelle possibilité de développement de la filière bois que sont les biocarburants. Le bois est en effet une source de biomasse qui peut être utilisée pour produire de l'énergie par combustibles directs ou par la production de biocombustibles solides, liquides ou gazeux. J'ai remarqué l'enthousiasme dont a fait preuve – une fois n'est pas coutume – Mme Fischer Boel pendant son audition. Quand nous lui avons demandé quel intérêt l'Union européenne portait à la filière bois, elle a répondu que celle-ci présentait un intérêt majeur pour le développement de la deuxième génération des biocarburants.
M. le président. Quelle est votre question, monsieur Brottes ?
M. François Brottes . Le Président de la République a indiqué qu'il y était lui-même très attaché. D'où ma question : comment le Gouvernement va-t-il ouvrir des perspectives à l'industrie papetière, qui en a besoin, et encourager la filière bois à développer des biocarburants ?
M. le président. La parole est à M. le ministre.
M. le ministre de l'agriculture et de la pêche. L'Assemblée nationale débattra dans deux jours du budget de l'enseignement agricole au sein de la mission « Enseignement scolaire ». Certes, pour maîtriser un tel budget, il faut éviter les redondances, s'adapter, mieux coordonner la carte scolaire – d'autant que parfois des sections d'enseignement sont trop peu nombreuses, même si je ne dis pas que ce soit le cas pour les sections forestières. Mais je vais m'attacher à ce que se poursuive la formation des jeunes dans les métiers de la forêt. J'ai moi-même affiché une ambition forte pour ces métiers d'avenir et j'en ferai une priorité lors des prochaines assises de la forêt. Je considère comme vous, monsieur Brottes, que la valorisation intelligente et durable de la forêt a un véritable avenir. Vous disiez, après m'avoir écouté, qu'il n'était pas trop tôt pour en reconnaître l'importance ; c'est en tout cas l'un des acquis du Grenelle de l'environnement.
La recherche se poursuit sur les biocarburants de la deuxième génération ; leur promotion s'opère grâce au programme national de recherche sur les bioénergies de l'Agence nationale de la recherche, l'ANR, auquel coopère le ministère de l'agriculture et de la pêche ainsi que l'institut technologique de l'Office national des forêts. Une première phase de démonstration consiste à maîtriser la gazéification de la biomasse à l'horizon de 2010, que je trouve trop tardif. À partir de 2015, une deuxième phase verrait le développement industriel de la filière, tandis qu'une troisième phase, à compter de 2030 et au-delà, devrait permettre de développer ces investissements à grande échelle.
Parallèlement, il nous faut travailler avec la filière à la mobilisation de la ressource forestière. C'est l'un des enjeux des assises de la forêt qui se tiendront à l'occasion de la réunion du Conseil supérieur de la forêt, des produits forestiers et de la transformation du bois le 21 novembre prochain. Voilà le calendrier tel qu'il était prévu au moment où s'est ouvert le Grenelle.
M. François Brottes . On pourrait peut-être accélérer un peu les choses ?
M. le ministre de l'agriculture et de la pêche. Si le Grenelle doit avoir une utilité, dans ce domaine-là comme dans des autres, et donner une impulsion, je pense qu'il devrait permettre de resserrer le calendrier. Je ne peux pas m'engager immédiatement devant l'Assemblée sous prétexte de vous faire plaisir, monsieur le député, mais je vérifierai s'il est possible d'améliorer ce calendrier en intensifiant l'effort de recherche.
Pour lire l'intégralité des débats :
Projet de loi de finances pour 2008
> Haut de page
|