Energie

 

 

Interventions en séance à l’Assemblée nationale

 

 

Loi relative aux tarifs réglementés d'électricité et de gaz naturel (n° 2008-66 du 21 janvier 2008)
1ère lecture
> Exception d'irrecevabilité
> Motion de renvoi en commission
> Rappel au règlement
> Reversibilité totale des tarifs
> Pour le maintien des tarifs réglementés au-delà de 2010
> Prolongation du tarif TARTAM (entreprises)

2nde lecture
> Motion de renvoi en commission
> Suppression de la date butoir de 2010
> Offre duale gaz-électricité
> Prolongation du tarif TARTAM pour les entreprises

 

Loi pour le développement de la concurrence au service des consommateurs ( n° 2008-3 du 3 janvier 2008)
> Retour aux tarifs réglementés de l'électricité et du gaz

 

Loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat (n°2007-1223 du 21 août 2007)
> Possibilité de retour au tarif réglementé pour les nouveaux locataires

 

 

Propositions de loi, de résolution


Proposition de résolution tendant à la création d'une commission d'enquête sur les conditions de formation et les mécanismes d'évolution des prix de l'énergie, n° 942 du 4 juin 2008

Proposition de loi visant à soutenir le pouvoir d'achat des ménages face à la hausse des prix des produits pétroliers et à développer les modes de transport alternatifs, n°403 du 13 novembre 2007

 

Questions au Gouvernement

Energie

 

 

 

Archives

Archives de la XIIème législature (2002-2007)

> Energie : Gaz et électricité

> Energie : Nucléaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Projet de loi pour le développement de la concurrence au service des consommateurs
(3ème séance du mardi 27 novembre 2007)

> Retour aux tarifs réglementés de l'électricité et du gaz

 

M. le président. Je suis saisi d'un amendement n° 121. La parole est à M. François Brottes, pour le soutenir.

M. François Brottes . Je défendrai en même temps les amendements n° s 121, 204 et 132.

M. le président. Poursuivez, monsieur Brottes.

M. François Brottes . Des mesures d'affichage ont été prises en matière de grande distribution puisqu'il nous a été précisé qu'un autre texte nous serait prochainement soumis. Pour ce qui est du pouvoir d'achat, l'impact du projet dont nous débattons aujourd'hui est donc plutôt cosmétique. Toutefois – et personne ne le nie – des mesures intéressantes ont été proposées, s'agissant des télécommunications et du secteur bancaire.

Nous vous proposons, par les amendements n° s 124 et 204, de permettre au consommateur de revenir au tarif réglementé en matière d'électricité ou de gaz. Je pense que vous y adhérerez. En effet, les consommateurs domestiques, dont les notes d'électricité et de gaz ne cessent d'augmenter depuis l'ouverture de ces marchés à la concurrence, ne doivent plus être pénalisés. Vous le savez, lorsque l'occupant précédent d'un site a choisi de sortir du tarif réglementé, celui qui le succède ne peut pas bénéficier du tarif réglementé. Il est en quelque sorte puni puisqu'il ne peut accéder au tarif le moins élevé, lequel tarif – permettez-moi cette digression – pourrait être encore moins élevé si l'État n'avait pas le souci, voire l'obsession, de prélever plusieurs milliards d'euros chaque année sur les comptes de Gaz de France ou d'EDF pour « boucher quelques trous ». Cette année, 2 milliards de dividendes ont ainsi été prélevés. Si cet argent était resté dans la poche des consommateurs, sans doute y aurait-il eu moins de perte de pouvoir d'achat !

M. Jean Dionis du Séjour . L'État est actionnaire : il a le droit de prélever une rémunération !

M. François Brottes . Certes, l'État est actionnaire et il a le droit de se rémunérer ! Mais, puisqu'il fixe les tarifs réglementés, il pourrait, par égard pour le consommateur, les revoir à la baisse ! Certes, de moindres dividendes seraient prélevés, mais il faut savoir ce que l'on veut ! On ne peut pas afficher une volonté d'améliorer le pouvoir d'achat des Français et prendre des mesures qui vont à l'inverse !

L'amendement n° 132 se situe dans l'esprit du Grenelle de l'environnement, auquel vous le voyez nous sommes très attentifs. Il permet ainsi aux consommateurs d'énergie de bénéficier, grâce à un nouveau mode de facturation, d'informations qui les responsabilise. Ils pourront ainsi ajuster leurs souscriptions de services à leurs consommations réelles. Aujourd'hui, la facture adressée tous les deux mois n'est souvent qu'une estimation de la facturation finale. Les étés et les hivers se succèdent sans que les consommateurs n'intègrent la nécessité de réaliser quelques économies. Grâce à cette transparence, il sera plus facile d'économiser, chacun consommera mieux l'énergie et à un moindre coût.

M. le président. Quel est l'avis de la commission sur ces trois amendements ?

M. Michel Raison , rapporteur . La commission a émis un avis défavorable. Je laisse le soin à notre président le soin de s'en expliquer.

M. le président. La parole est à M. le président de la commission des affaires économiques.

M. Patrick Ollier , président de la commission des affaires économiques. Je reconnais bien là l'habilité de nos collègues du groupe socialiste. Les amendements proposés ce soir, qui mériteraient d'ailleurs d'être retravaillés, ne font que reprendre deux propositions de loi déposées, l'une à l'Assemblée – notamment par nos collègues Poignant, Lenoir et Gonnot – voici à peu près deux mois, l'autre au Sénat discutée il y a quelque temps. Après avoir voté un dispositif permettant aux entreprises de revenir au tarif réglementé dans des conditions très précises, nous avons voulu, par cette proposition de loi, que les petites entreprises et les petits consommateurs puissent également bénéficier de la possibilité de revenir au tarif réglementé si, d'aventure, elles avaient choisi un autre fournisseur. La conférence des présidents l'a précisé ce matin, cette proposition de loi sera examinée, en séance publique, le 11 décembre. Je ne doute pas qu'elle sera votée à l'unanimité.

Je parlais d'habileté, car profiter d'un texte qui traite des problèmes des « marges arrière » et de la téléphonie pour revenir sur le problème des tarifs d'électricité, c'est extrêmement habile, surtout lorsque l'on fait cela une semaine avant que la proposition de loi de la majorité ne soit inscrite à l'ordre du jour.

Mais vous ne trompez personne. Nous avons déposé cette proposition de loi, nous la défendrons, nous la ferons voter, car il en va de l'intérêt du consommateur final.

Je souhaite que nos collègues de la majorité rejettent vos amendements, pour que nous puissions nous retrouver tous ensemble sur une rédaction bien meilleure, monsieur Brottes, que la vôtre, puisqu'elle a été affinée par le Sénat, qui a beaucoup travaillé et dont les amendements ont été acceptés. Ce texte permet de répondre à toutes les questions possibles.

Voilà pourquoi je souhaite que ces amendements soient rejetés. Cependant, je préférerais que vous les retiriez, afin que vous veniez nous rejoindre lors de la discussion de notre proposition de loi le 11 décembre.

M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?

M. le secrétaire d'État chargé de la consommation et du tourisme. Le Gouvernement partage l'avis du président de la commission des affaires économiques. La proposition de loi adoptée par le Sénat, il y a quelques semaines, constitue une avancée significative sur la question des tarifs de retour.

Elle sera discutée le 11 décembre prochain à l'Assemblée nationale. Le Gouvernement vous propose donc, monsieur Brottes, de retirer vos amendements.

M. le président. La parole est à M. François Brottes.

M. François Brottes . Je ne prendrai pas la mouche après l'expression du président de la commission, comme il l'a fait tout à l'heure à l'égard de notre collègue Gaubert.

Croire que la rédaction de la proposition de loi est meilleure que celle de nos amendements est de la prétention.

Lorsque nous avons examiné le projet de loi sur le droit au logement, notre collègue Lenoir, qui suit ces questions à l'UMP, avait proposé un certain nombre d'aménagements concernant les tarifs réglementés. À l'époque, je lui avais dit – quelques témoins sont encore dans cet hémicycle – que ces amendements n'allaient pas assez loin et qu'il faudrait certainement y revenir, compte tenu de la manière dont s'exerçait aujourd'hui la concurrence dans notre pays.

Monsieur Ollier, vous ne nous avez pas écoutés. Vous nous avez dit à l'époque : « On règle le problème comme ça ». Résultat des courses : le problème n'a pas été réglé !

Nous avons toutes les raisons de croire que ce n'est pas parce que vous nous dites aujourd'hui que vous allez régler le problème la semaine prochaine qu'il le sera. Pardonnez-moi de vous le dire ainsi !

Les dispositions que nous proposons, monsieur le secrétaire d'État, ne concernent pas le tarif de retour, mais le retour au tarif réglementé, ce qui n'est pas la même chose. Le tarif de retour concerne les entreprises. Cette disposition va s'éteindre dans quelques mois.

Nous proposons le retour au tarif réglementé – c'est ce dont nous parlons ici – comme un principe posé pour l'éternité.

M. Jean-Paul Charié . Les socialistes croient à l'éternité maintenant ?

M. François Brottes . La proposition que M. Ollier va nous inviter à examiner est limitée dans le temps. Cela ne règle donc pas le problème dans la durée.

Nous ne sommes pas sur les mêmes positions. C'est pourquoi nous maintenons ces amendements.

M. le président. Je mets aux voix l'amendement n° 121.

(L'amendement n'est pas adopté.)

M. le président. Je mets aux voix l'amendement n° 204.

(L'amendement n'est pas adopté.)

M. le président. Je mets aux voix l'amendement n° 132.

(L'amendement n'est pas adopté.)

 

Pour lire l'intégralité des débats :
Loi n° 2008-3 du 3 janvier 2008 pour le développement de la concurrence au service des consommateurs

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Projet de loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat
(2ème séance du jeudi 12 juillet 2007)

> Possibilité de retour au tarif réglementé pour les nouveaux locataires
> Possibilité de retour transitoire au tarif réglementé pour les ménageM. le président.

La parole est à M. François Brottes, pour défendre les amendements nos 315, deuxième rectification, et 314, deuxième rectification.

 

M. François Brottes.

Le sujet de ces amendements est très directement lié à la question du logement, puisque nous proposons d’instaurer, non pas un bouclier fiscal, mais un « bouclier énergie » en matière de logement. (Exclamations sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)

 

M. Michel Raison.

Un bouclier de bavardage plutôt !

 

M. François Brottes.

Cher collègue Raison, vous avez…

 

M. Alain Cacheux.

Tort !

 

M. François Brottes.

Exactement ! C’est d’autant plus dommage que généralement vous êtes plutôt à l’écoute !

Comme le savent M. Raison et mes autres collègues, les dépenses énergétiques des ménages représentent aujourd’hui presque 25 % de leurs revenus, du fait de l’augmentation considérable du coût de l’énergie. Elle s’inscrit dans la logique de privatisation lancée notamment par M. Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’économie, mais c’est également le résultat de la logique de dérégulation du marché, totale depuis le 1er juillet dernier – ce n’est pas si ancien. Cela signifie que les ménages ont désormais accès au secteur concurrentiel, tout cela parce qu’en novembre 2002 – je vous rappelle cette date, monsieur Lenoir, que vous avez tendance à oublier – Mme Fontaine, ministre du gouvernement de M. Raffarin, a fait du zèle au niveau européen. C’est ce qui l’a poussée à approuver l’ouverture totale du marché de l’énergie à la concurrence, même pour les particuliers, contrairement à ce qui avait été décidé au sommet de Barcelone quelques mois auparavant.

 

M. Alain Cacheux.

Eh oui !

 

M. François Brottes.

Nous y sommes : aujourd’hui nos concitoyens sont confrontés à un marché où d’autres opérateurs que les opérateurs historiques sont à même de leur vendre de l’énergie, parfois avec d’autres prestations.

Dans un souci que nous partageons avec M. Lenoir, comme le montre l’amendement qu’il va défendre, nous saisissons l’occasion que nous offre ce texte de proposer des ajustements propres à mettre fin à une situation dommageable, non seulement pour les locataires, mais aussi pour les propriétaires, qui vous sont chers.

Le problème est le suivant : le régime actuel permet à un locataire de faire valoir son éligibilité à la concurrence, c’est-à-dire de quitter le marché régulé, mais interdit de jamais revenir au tarif réglementé, non seulement à lui-même, mais aussi aux locataires qui lui succèderont. En effet ceux-ci ne pourront jamais bénéficier du tarif réglementé, même si le propriétaire du logement est opposé aux choix de son locataire.

Le problème est double : non seulement le choix du locataire interdit à son successeur de jamais revenir au tarif réglementé, mais en outre il pénalise son propriétaire dont le bien est dévalorisé de ce fait.

Ces deux amendements, que vous m’invitez à défendre ensemble, visent à résoudre en partie ces problèmes. Le dispositif que propose l’amendement n° 315, deuxième rectification, n’est que la copie conforme d’un amendement Lenoir en faveur des entreprises. En effet, à l’initiative de M. Lenoir, alors rapporteur de la loi relative au secteur de l’énergie votée sous la législature précédente, avant qu’il ne soit nommé médiateur national de l’énergie – j’y reviendrai –, l’Assemblée avait adopté la faculté pour les entreprises de bénéficier d’un tarif réglementé transitoire d’ajustement des marchés : une entreprise qui aurait fait le choix de sortir du tarif réglementé peut, pour une durée certes limitée à deux ans, revenir à un tarif proche du tarif réglementé, dit « tarif de retour ».

Par souci d’équité et de parallélisme des formes, je vous propose aujourd’hui de permettre à tout consommateur domestique, qui serait, par inadvertance ou faute d’avoir étudié soigneusement les contrats proposés, sorti du tarif réglementé, d’y revenir dans les mêmes conditions qu’une entreprise. Rien en effet ne justifie le « deux poids deux mesures » selon qu’on est une entreprise ou un ménage.

L’amendement n° 314, deuxième rectification, vise à rétablir dans ses droits à la fois le propriétaire du logement dont le locataire a fait valoir son éligibilité à la concurrence et le locataire qui lui succèdera : il s’agit de permettre à tout locataire qui succède à un locataire qui serait sorti du tarif réglementé d’y revenir, puisqu’il n’a pas fait lui-même le choix d’en sortir. ( Brouhaha sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.) Si le sujet peut paraître compliqué à certains de nos collègues, je vous laisse imaginer ce qu’il en est pour les ménages qui y sont confrontés – et M. Novelli ne me démentira pas. Et la question sera encore plus compliquée quand ceux qui auront franchi le pas en sortant du tarif réglementé se rendront compte qu’ils ne pourront plus jamais revenir en arrière, pas plus que ceux qui leur succèderont dans le logement qu’ils louaient.

Je vous remercie, monsieur le président, de m’avoir laissé le temps d’exposer ces deux amendements.

 

M. le président.

La parole est à M. Jean-Claude Lenoir, pour défendre l’amendement n° 235, deuxième rectification, avec la même énergie !

 

M. Jean-Claude Lenoir.

Je voudrais dire (…) compte tenu des observations de mon collègue François Brottes, que la solution pragmatique proposée par mon amendement consiste tout simplement à donner le droit aux consommateurs domestiques de revenir au tarif réglementé. Ce dispositif serait valable pour une période de trois ans, sur le modèle du dispositif que nous avons adopté concernant le droit au tarif réglementé pour les nouveaux sites à partir du 1er juillet 2007, en gardant à l’esprit que nous pourrons revoir cette question au cours des trois années qui viennent.

L’esprit de cet amendement est donc le même que celui de la proposition de François Brottes. Il faut absolument trouver le moyen d’éviter que la décision d’un seul locataire ne pénalise les consommateurs domestiques, notamment les propriétaires, dont vous vous préoccupez également, monsieur Brottes.

Je souhaite donc que le Gouvernement nous apporte des éléments de solution pour protéger les consommateurs domestiques.

 

M. le président.

Quel est l'avis de la commission ?

 

M. Gilles Carrez, rapporteur général.

Sans avoir examiné ces amendements, la commission a émis un avis défavorable, dans la mesure où ils n’entretiennent avec le texte qu’un rapport très indirect puisqu’ils visent à remédier aux conséquences de la censure par le Conseil constitutionnel d’une partie de la loi de décembre 2006 sur le secteur de l’énergie. Nous les avons rejetés pour les raisons de principe que j’ai évoquées tout à l’heure.

 

M. le président.

Quel est l'avis du Gouvernement ?

 

Mme la ministre de l’économie, des finances et de l’emploi.

Même avis.

 

M. le président.

La parole est à M. François Brottes.

 

M. François Brottes.

Par souci d’efficacité législative et par respect des préoccupations de nos concitoyens, car l’heure est grave pour certains, je suis tout à fait disposé, dans une démarche constructive, à ce que nous retirions nos deux amendements pour nous rallier à l’amendement de M. Lenoir.

 

M. le président.

La parole est à M. Jean-Claude Lenoir.

 

M. Jean-Claude Lenoir.

Je ne sais pas comment je dois prendre cette proposition de notre collègue du groupe socialiste !

Je me permets d’insister auprès du Gouvernement. Le président de la commission des affaires économiques, Patrick Ollier, ainsi que beaucoup d’autres membres de la commission tiennent à ce qu’on trouve une solution à ce problème.

L’audition il y a deux jours de M. Philippe de Ladoucette, président de la commission de régulation de l’énergie, s’est révélée extrêmement intéressante, puisqu’il nous a communiqué une information de la plus grande importance, étant donné que la disposition que nous pourrions voter risque d’être censurée par le Conseil constitutionnel : les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous nous retrouverions dans quelques semaines face au même problème.

Ce que nous voulons, c’est protéger les consommateurs domestiques, notamment les plus exposés d’entre eux. Or selon Philippe de Ladoucette, M. Piebalgs, commissaire européen à l’énergie, qu’il a rencontré il y a quelques jours, ne souhaite pas aujourd’hui transmettre le dossier des tarifs réglementés tel qu’il est à la Cour européenne de justice. Il préfère entamer les discussions avec les pouvoirs publics français pour trouver des solutions d’évolution raisonnables. Pour M. Piebalgs, c’est à ces derniers de les imaginer, et c’est pourquoi je me tourne vers le Gouvernement.

Toujours selon M. de Ladoucette, qui se rapporte à une discussion informelle, si on proposait que les onze millions de bénéficiaires d’une aide au logement bénéficient de tarifs dits réglementés, cette solution conviendrait tout à fait à M. Piebalgs.

Dans ces conditions, je vous fais une proposition, monsieur Brottes. Nous savons très bien que la disposition que nous proposons sera censurée par le Conseil constitutionnel, sauf si l’opposition ne lui défère pas le texte…

 

M. Jérôme Chartier.

Ce serait une solution !

 

M. Jean-Claude Lenoir.

Ce serait en effet un point extrêmement important, qu’il faut éclaircir dès à présent ! Mais si vous déférez le texte au Conseil constitutionnel, on peut penser que cette disposition sera à nouveau censurée.

En revanche, étant donné le signe d’ouverture envoyé par le commissaire européen à l’énergie, ne pourrions-nous pas élaborer une disposition sur laquelle nous pourrions nous retrouver ? Le président de notre commission souhaite vivement que nous travaillions à trouver une telle solution, qui pourrait prendre la forme d’une proposition de loi.

 

M. Gilles Carrez, rapporteur général.

Voilà une proposition intelligente !

 

M. Jean-Claude Lenoir.

Nous pourrions alors nous mettre d’accord sur une disposition équilibrée et soigneusement étudiée, qui permette de régler le problème pour, je le rappelle, onze millions de personnes.

Si le Gouvernement était favorable à ce qu’une telle proposition de loi puisse être inscrite rapidement à l’ordre du jour de notre assemblée, je suggère que nous retirions nos amendements, et je retirerais le mien à titre personnel.

 

M. le président.

L’amendement n° 235, deuxième rectification, est retiré.

 

M. le président.

La parole est à M. François Brottes.

 

M. François Brottes.

Si M. Lenoir retire son amendement, je ne peux plus m’y rallier, car il est difficile de se rallier à ce qui n’existe plus. Je maintiendrai donc nos amendements au nom de mon groupe.

 

M. le président.

Il faut prendre son temps avant de se rallier, monsieur Brottes.

 

M. François Brottes.

Ce n’était qu’une proposition, et non pas une décision définitive, et d’ailleurs, monsieur le président, vous l’avez bien comprise comme telle !

Nous avons saisi le Conseil constitutionnel du projet de loi de privatisation de Gaz de France parce que nous considérions que la privatisation de Gaz de France ne pouvait pas être effective avant le 1er juillet 2007, et le Conseil a partagé ce sentiment.

Mais il avait préalablement fait en sorte d’éliminer du texte toute particularité susceptible de constituer un monopole en faveur de Gaz de France, notamment la possibilité de proposer des tarifs réglementés. C’est cela qui a justifié les choix du Conseil constitutionnel.


Or, mon cher collègue, votre amendement propose, à la différence du nôtre, de limiter cette disposition dans le temps, ce qui ne me paraît pas nécessairement incompatible avec la décision du Conseil constitutionnel que vous évoquiez ni avec la philosophie qui commence à gagner du terrain à la Commission européenne, qui se rend bien compte qu’à force d’être extrémiste en tout, on n’est pragmatique ni efficace en rien. Sans vouloir influencer notre collègue Lenoir, qui est un homme pleinement responsable, il ne me semblerait donc nullement inutile que le médiateur en titre du secteur de l’énergie soumette son amendement au vote, de manière à ce que, d’ici à la réunion de la commission mixte paritaire, des dispositions précisant le bénéfice de cette réouverture du droit d’accès au tarif réglementé puissent être mises en vigueur.

Aujourd’hui, il faut donner un signal fort à l’ensemble des consommateurs. Certes, durant l’été, on a moins besoin de chauffage – encore que cet été ressemble quelque peu à l’hiver ou à l’automne –, mais tout va désormais aller très vite. Si le législateur ne donne pas un signal fort dans cette période, il est à craindre que les dégâts collatéraux que nous imaginons tous puissent être déjà graves pour ceux qui risquent de se désabonner en masse.

 

M. le président.

La parole est à Mme la ministre de l’économie, des finances et de l’emploi.

 

Mme la ministre de l’économie, des finances et de l’emploi.

Sur un sujet aussi complexe, le Gouvernement souhaitait, comme le rapporteur général, adopter une stratégie d’examen de l’article 3 et des amendements y afférents qui ne nous écarte pas trop du sujet, afin d’éviter un débat certes important, mais dont vous avez bien illustré, monsieur Lenoir, malgré la clarté de votre exposé, la complexité particulière.

Le Gouvernement partage votre analyse quant à la difficulté de la question. Cette analyse est aussi celle du sénateur Poniatiowski, qui a déposé une proposition de loi qui rejoint, je crois, votre amendement.

Ce dossier comporte également, comme vous l’avez rappelé, une dimension communautaire. Il me paraît judicieux que, comme vous le suggérez, le Parlement fasse une proposition de loi. J’engage, quant à moi, les services de mon ministère et ceux du ministère de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables, également très concerné par cette mesure, à coopérer à ces travaux et à prendre l’attache de la Commission européenne, pour nous assurer que cette proposition soit conforme tant au droit communautaire et à nos engagements envers l’Union européenne qu’au droit français et à l’exigence de constitutionnalité.

(…)

 

M. le président.

L’amendement no 235, deuxième rectification, est donc retiré.

La parole est à M. François Brottes.

 

M. François Brottes.

L’histoire retiendra qu’il y a ceux qui font des propositions de lois, y compris au Sénat, et ceux qui proposent des textes clairs pour permettre au locataire qui succède à un autre locataire qui a renoncé au tarif réglementé de bénéficier à nouveau de ce tarif. Tel est l’objet des amendements nos 314, deuxième rectification, et 315, deuxième rectification, que nous maintenons.

Madame la ministre, si le gouvernement précédent – dont il me semble que vous faisiez partie – avait pris l’attache de la Commission européenne pour la mise en place du tarif de retour pour les entreprises, peut-être n’aurions-nous pas la réponse et, si nous avions une réponse, celle-ci aurait certainement été négative. Il faut donc un peu d’audace, et cela d’autant plus que notre interlocuteur sur ces questions n’est pas forcément le commissaire chargé de l’énergie – qui est au demeurant un homme très sympathique –, mais peut-être plutôt Mme Kroes, qui a succédé à M. Monti, lequel, à en juger par les décisions de justice prises hier, avait eu quelques excès de zèle à l’égard notamment de la fusion entre Schneider et Legrand.

Des millions de foyers sont concernés par cette disposition. La date du 1er juillet est désormais passée, madame la ministre, et les décisions s’exécutent. Nous ne pouvons pas attendre, car la mesure est en vigueur et les ménages sont confrontés à la situation. Il importe donc que le législateur national donne un signal maintenant. Nous savons en effet comment les choses se passent, et je le rappelle pour nos nouveaux collègues : quand on dit qu’on réfléchit à un projet, cela prend généralement des mois, et quand on veut que ce projet soit pleinement validé par la Commission européenne, il faut des siècles, ou tout au moins des décennies.

Dans cette situation d’urgence qui risque de mettre à mal bon nombre de familles de notre pays, il est donc utile de donner un signal au cours de ce débat et de permettre à un locataire de revenir au tarif réglementé lorsqu’il loue un appartement que le locataire précédent avait fait sortir du tarif réglementé.

Nous maintenons donc ces deux amendements.

 

M. le président.

Je mets aux voix l’amendement no 314, deuxième rectification.

 

(L’amendement n’est pas adopté.)

 

M. le président.

Je mets aux voix l’amendement no 315, deuxième rectification.

 

(L’amendement n’est pas adopté.)

 

Pour lire l’intégralité des débats :
Loi n° 2007-1223 du 21 août 2007 en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat

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